que-peut-on-lire

Que peut-on lire dans deux graines de pavot ?

Extrait de la nouvelle Le thé et le café 
Thé ou café ? demanda la maîtresse de maison.
J’aime et l’un et l’autre, et là on me demande de choisir. Ce qui veut dire qu’ils économisent ou bien leur café ou bien leur thé. Etant bien élevé, je ne manifestai pas par mon attitude qu’une telle avarice me faisait horreur. J’étais justement occupé à discuter avec un professeur, mon voisin de table, que j’essayais de convaincre de la supériorité de l’idéalisme sur le matérialisme, et je fis semblant de ne pas entendre la question.
Du thé, répondit le professeur sans hésitation.

En dix nouvelles, écrites à la première personne, des petits personnages naïfs et solitaires nous font partager leur vision du monde en racontant des anecdotes qu’ils ont vécues, et qui les amènent à des questionnements philosophiques inattendus : les cafards ont-ils un potentiel créatif ? Pourquoi Dieu n’a-t-il créé que sept jours par semaine ? Si les satellites peuvent tout photographier sur terre, dois-je me raser tous les jours pour être présentable sur la photo ?

Comme à son habitude, Mrozek nous entraîne dans un monde fait d’absurde et de dérision. Pour restituer le comique de situations invraisemblables, nous avons choisi un espace symbolique, neutre, noir. Une chaise et une table complètent la scène. Le comédien change d’identité d’une nouvelle à l’autre, symboliquement, en se coiffant d’un chapeau, ou en enlevant son écharpe…

Que peut-on lire dans deux graines de pavot ?, d’après des nouvelles de Slawomir Mrozek, in L’arbre, Les porte-plume, Une souris dans l’armoire, traduit du polonais par André Kozimor, Grazina Erhard et Thérèse Douchy, Editions Noir sur Blanc

  • Mise en scène : Julia Métendier
  • Avec : Ian Fénelon
  • Durée : 1h15
  • S’est joué au Picolo-théâtre de Saint-Ouen (93) en 2003, dans le off du festival d’Avignon et à Talange (57) en 2004, à Arpajon (91) en 2005 et à Morsang-sur-Orge (91) en 2006.
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