Une frite dans le sucre et La chance de sa vie

Extrait du monologue Une frite dans le sucre :
Graham : « Le fait est qu’on a eu un petit coup d’énervement, hier. On est tombés sur une tranche du passé de maman. Je lui ai dit : « Je savais pas que tu avais un passé. Je croyais que c’était moi, ton passé. « Toi ? » elle a fait. « Quoi ? J’ai dit. Toi et moi, ça fait déjà un bail. Qui c’est, lui, par rapport à papa ? » Elle a souri : « Oh, lui, c’était avant. » « Avant ? J’ai dit. Ca m’étonne que tu te souviennes de lui, tu te souviens même pas de débrancher ta couverture chauffante. » Elle a dit : « Ca n’a rien à voir. Il s’appelle Franck Turnbull.» J’ai dit : « Oui, je sais. Il l’a dit. »

A travers ces monologues, Bennett nous fait entrer dans l’intimité de deux solitudes. La langue qu’il emploie révèle une poésie simple et extra ordinaire, au sens propre du terme. Fidèle à notre habitude, nous avons placé les mots au centre du spectacle.
L’intimité, la proximité avec le public est une autre de nos priorités. Sur la scène, un décor familier : fauteuil, table, livres, lampe. Mais on n’est pas à proprement parler chez quelqu’un – l’espace reste un lieu théâtral. Le noir et blanc dominent, qui mettent en valeur les personnages, et leur donnent une hauteur « cinématographique ».

Une frite dans le sucre et La chance de sa vie, d’Alan Bennett, in Moulins à paroles, traduit de l’anglais par Jean-Marie Besset, éditions Actes sud – Papiers

  • Mise en scène et interprétation : Ian Fénelon et Julia Métendier
  • Durée : 1h50
  • Ce spectacle a bénéficié de l’aide à la création de la Direction de la Culture du département de l’Essonne en 2006 et de l’accueil de la ville de Morsang-sur-Orge (91) pour les répétitions et la création en 2007.
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